Le barbeau en hiver et au feeder


Beau barbeau pris le 25 décembre 2014 : 4.3kg
Pêcher le barbeau en hiver, mais quelle idée bizarre ! C'est ce que la plupart des pêcheurs vont penser à la lecture du titre de mon article et, pourtant, le barbeau reste actif en cette saison, mais sous certaines conditions dont surtout une : les eaux hautes, voire les crues ! En quelques points, je vais vous raconter mon expérience de cette pêche passionnante et exigeante : un peu de biologie du barbeau, quelques principes techniques, les postes types et les conditions favorables en hiver, le choix des esches et un brin de tactique.

Le barbeau

Un peu de zoologie ne nous fera pas de mal. Ce cyprinidé rhéophile (qui aime le courant) porte en latin le doux nom de Barbus Barbus. Son corps est allongé, très musclé, recouvert d'écailles allant, selon le milieu, du gris au bronze foncé. Ses nageoires sont orangées et bien dimensionnées. Son ventre est blanc et plat (un peu comme moi ... hein, le mien n'est pas si plat ? M'enfin !) et cette forme lui permet de mieux se tenir sur le fond.
Sa bouche est infère (dirigée vers le bas), charnue, puissante et munie de 4 barbillons. Comme je le dis avec tendresse, le barbeau est le sanglier de nos eaux courantes et il fouille vigoureusement le gravier à la recherche de sa nourriture. C'est donc un poisson benthique (de fond) fouisseur !
C'est également un omnivore et son repas se composera selon son âge et/ou le moment de l'année de larves d'insectes, de crustacés, de petits poissons, de vers divers, etc.
Sa longévité est importante et il peut vivre de 12 à 25 ans. 
Sa croissance est assez lente et sa maturité sexuelle n'arrive que vers 5 ans pour les mâles et 6 ans pour les femelles. Le barbeau se reproduit d'avril à juillet selon la température de l'eau (au moins 14°C). La femelle dépose entre 3 et 9000 œufs dans le gravier (ce qui est fort peu) que de nombreux petits mâles viennent féconder. Alors, pensez à l'avenir, faites-vous, faites-moi et faites-leur plaisir, relâchez-les, car ils sont des trésors aquatiques et halieutiques. De plus, la dimension wallonne légale actuelle (30cm) ne repose sur rien de scientifique. 
Les mâles n'excèdent que rarement 45cm, alors que les femelles peuvent atteindre près d'1 mètre.
Le barbeau est un poisson grégaire qui vit dans les rivières bien oxygénées au courant assez vif. Actif toute l'année, il arrête néanmoins de se nourrir quand les eaux descendent à moins de 4°C et, fait étonnant, selon les tests faits par l'Université de Liège, à 28°C, il se reproduit chaque mois (info collectée auprès de monsieur Servais Houbart).
Voir aussi : La fiche poisson du barbeau sur le site de la Maison Wallonne de la Pêche (MPW) 
 

Pêcher en hiver, oui, mais où, quand et dans quelles conditions ?

Il est important ici de préciser que la pêche de ce poisson en hiver est nettement plus difficile du fait de la température de l'eau. Comme je l'ai dit, le barbeau ne se nourrit plus en dessous de 4°C. Cela veut dire que vous allez devoir scruter une série de données météorologiques et hydrologiques pour potentialiser vos chances de capturer le moustachu ! Le choix du coup sera également primordial. 

La température de l'eau

Vers 4°C et plus bas, le métabolisme du barbeau diminue et ce dernier arrête de se nourrir. Un outil très utile à emmener avec soi est donc un thermomètre ! Je dirais même plus, je ne sors jamais sans lui en hiver. 
Ce que vous attendez est une série de quelques jours moins froids qui vont faire remonter la température de la rivière. Ne vous précipitez pas et laissez 2 ou 3 jours à l'eau pour monter en température.

Le débit

Un bon témoin de l'augmentation de la température est la pluie. Autant les eaux basses sont souvent froides et conviennent au chevesne, autant une bonne montée des eaux est la promesse de quelques degrés de plus, souvent nécessaires et suffisants pour faire remordre les barbeaux. Donc, à partir de maintenant, associez "crues et eaux hautes et teintées" avec barbeaux ! Le site de référence en Wallonie est : Les voies hydrauliques en Wallonie - crue info
PS : Attention aux eaux de fonte des neiges qui sont, elles, très froides. 

Le poste type

Il va falloir que vous fassiez du repérage, premièrement, par eaux basses, pour voir les différents obstacles présents sur le coup (souches, rochers, etc.) et, deuxièmement, pas eaux hautes, pour vérifier que le courant est favorable, donc moins puissant que celui de la coulée principale. Je vous conseille aussi l'utilisation des échosondeurs portables, dont certains vous donneront même la température de l'eau. Ils sont très utiles !
Que devez-vous chercher ?
  • Les trous, les berges creusées
  • Les méandres, les entrées/sorties de bras morts
  • Les arrivées d'eau plus "chaudes"
  • Les arbres dans l'eau qui ralentissent le débit (merci les castors !)
Poste typique en aval d'un arbre. On remarque le courant plus calme à bord
... soit les endroits plus calmes et/ou profonds. Les lieux bien ensoleillés permettent aussi à l'eau de se réchauffer. N'hésitez pas à pêcher très près du bord, si le fond est suffisant (1m +). Une excellente place est la limite entre le courant principal et la zone calme. 
Évitez, par contre, de pêcher directement dans les courants trop forts et les zones peu profondes et très remuées.
Photo prise en été, mais d'un coup favorable en hiver par eaux hautes. On remarque la zone calme côté pêcheur et le courant en face.


https://www.u-picardie.fr/beauchamp/cours.qge/du-5_fichiers/du5-21-1.gif
Alors, monsieur, le courant, comment ça marche ?
Bon, tout d'abord, l'eau ne marche pas, mon petit, elle coule :) Voici un diagramme qui te permettra de comprendre : le courant est toujours le plus fort en surface. A cause des frottements des molécules d'eau entre elles et avec la berge, le courant diminue avec la profondeur et en se rapprochant du bord. 
Vous devez donc tenir compte de cela quand vous lancez. Le courant vu en surface sera bien moindre dans le fond, surtout si votre coup est profond. Pensez-y et allongez parfois votre distance de lancer pour être certain de bien atteindre la limite entre le courant plus fort et la zone plus calme. 
 

Le moment de la journée 

Vu qu'il est question de pêcher longtemps, le moment de la journée importe peu. Très tôt, il fait souvent trop froid. Le milieu et la fin de la journée peuvent être très favorables. Ne vous découragez pas et restez jusqu'à la limite légale du soir (30min après le couché du soleil en Wallonie) !

Pêcher en hiver, oui, mais avec quel matériel ?

L'hiver rime souvent avec les eaux hautes, voire les crues, les feuilles et les branches charriées par le courant, la pêche de postes parfois encombrés, alors, le matériel aura tout intérêt à tenir le coup. Comme je le dis toujours, pêcher sportivement ne veut pas dire pêcher fin, mais éviter de fatiguer un poisson à mort et/ou lui laisser du matériel dans la gueule à cause d'une casse. Vous pratiquez le no-kill, alors faites-le bien !

Cannes

Vu les conditions hydrologiques, l'habituelle canne 1.5 - 1.75lbs sera peut-être un peu juste. Heureusement, il existe des modèles en 2lbs ou 2lbs1/4 (en Wychwood, Fox ou Shimano) qui vous permettront de jeter les feeders et plombs les plus lourds, ainsi que de mâter les plus gros spécimens de moustachus.

Moulinets

Je ne saurais trop conseiller le Daiwa Emcast BR 5000A, puissant, solide, efficace, débrayable et pas cher ! J'en ai fait le test ici : Emcast BR 5000A !

Lignes

Un bon 30/100 sur le moulinet sinon rien. Pour ma part, j'utilise du Shimano Tribal Carp, peu cher et extrêmement solide tant au nœud qu'à l'abrasion. Pour le bas de ligne, par eaux hautes et colorées, j'ai une totale confiance en la tresse gainée Korda N-Trap Soft en 15lbs, solide, discrète et quasi insensible à l'abrasion.

Feeders

On pêche par eaux hautes, donc le courant est très supérieur aux conditions habituelles. J'utilise donc des feeders allant de 70 à 175g. La ligne doit se poser sur le fond et ne pas rouler, c'est le but. Cela évite d'accrocher et de perdre du matériel. Le truc est de lâcher 2 ou 3 mètres de ligne pour stabiliser encore plus le feeder. C'est très efficace et ne gène en rien la détection de la touche.
Ma préférence va à des feeders anglais entièrement couverts d'une peinture camouflage et ayant une maille en cuivre, donc souple, qui permet de se tirer d'entre 2 pierres plus facilement. Ils sont également de grande taille. Vous l'avez deviné, ils sont introuvables en Wallonie ... l'internet est votre ami !

Petit matériel (hameçons, émerillons, etc)

Même remarque que pour le gros matériel : pas d'exagération, mais du solide est nécessaire :

  • Mon montage est toujours un running-rig. Le plomb coulisse donc librement sur la ligne. En plus de convenir parfaitement à la touche du barbeau, ce montage m'assure que si ma ligne casse, le poisson ne traînera pas un lourd feeder. Le kit Korum remplit toutes mes exigences en protégeant la ligne principale des tensions avec le plomb et en évitant les emmêlements. C'est juste parfait ! Le bas-de-ligne de base mesure 80cm et peut être allongé jusqu'à 150cm ou diminué à moins de 40cm, si besoin est.
    Devinez à qui appartient cette main tenant un Running Rig de Korum !

    Le Running Kit de Korum
  • Mes hameçons sont des Drennan Specimen Plus ou des Korda Chod. Les premiers taillent petit, mais sont ultra-endurants, alors que les seconds sont parfaits pour pêcher au luncheonmeat. Mon bas de ligne possède un cheveu et le nœud d'hameçon est toujours le "knotless knot" (noeud sans noeud) cher aux carpistes. Choisissez-les entre les numéros 12 et 6.
  • Preston Free Flow Rod Rest
    Korum Butt Cup
  • De bonnes piques munies de têtes solides sont une obligation, vu la violence de la touche. Je vous conseille les Korum Butt Cup ou équivalentes pour maintenir le talon de votre canne. Vu que la canne n'est pas clipsée, le ferrage peut être plus rapide. Pour la tête, j'utilise des V de la marque Preston : le Free Flow Rod Rest, qui a comme particularités de s'orienter, de laisser passer la ligne sans créer de frottement et de retenir la canne de manière sûre. Le scion doit pointer vers le ciel pour soustraire un maximum de bannière à l'effet du courant.
 
Stabilité et facilité à positionner les cannes pointes vers le ciel

Une autre vue de l'installation et de l'épuisette

L'épuisette

Je lui consacre un paragraphe complet, car elle a une grande importance. Elle fait partie intégrante du respect qu'on a pour le poisson et contribuera énormément au retour en forme du poisson dans l'eau. Voici quelques règles à respecter :
  • Bannissez les mailles nouées en nylon, elles grattent profondément le mucus du poisson et risquent de le blesser. 
  • Choisissez votre tête d'épuisette LARGE : 27" (+/-65cm) sont un minimum !
  • Choisissez des mailles douces ou, mieux, latexées (parfaites pour épuiser le poisson tout en douceur) et larges (pour ne pas avoir une prise trop importante au courant)
Mon choix s'est porté sur des produits Korum : la Latex Barbel Spoon en 30" (que j'utilise aussi bien en rivière que pour le brochet et est ma préférée - voir photo) et la Specimen Spoon en 27", plus utile pour une pêche plus classique au feeder.
Pour aller avec cette tête imposante, choisissez un manche rigide de 2 à 3 mètres. Je suis entièrement satisfait du Drennan Super Specialist Twistlock 3m télescopique. Une merveille de rigidité et de solidité.
 

Pêcher en hiver, oui, mais avec quelles esches et quelle amorce ?

Concernant les esches et l'amorce, je serai catégorique : il faut booster le goût !  En effet, les eaux froides diffusent moins les goûts, donc, pour que cela ait toujours l'effet escompté, il faut passer à la puissance supérieure. Les épices, les huiles, les dips, les additifs liquides, etc., tout sera utile. 

Les esches

Il semble que, dans la tête de la majorité des pêcheurs wallons, le fromage soit la seule esche spéciale barbeau. En fait, si cette esche ancienne est toujours très efficace (montée sur un cheveu avec un hameçon simple et pas sur une triplette, hameçon à complètement bannir de l’attirail du pêcheur de poissons blancs), d'autres possibilités s'offrent à nous depuis quelques années :
Luncheon meat, pellets (2x) et bouillettes pop-ups, ainsi que le matériel de montage des esches

  • Les pellets : choisissez-les très gras et au goût poisson en 12, 15 ou 20mm. J'en mets 2 voire 3 sur le cheveu.
  • Le luncheonmeat : avec ou sans ail, ce pâté de viande assez élastique, dont se délectent les Anglais (mais pas qu'eux), est une esche de premier choix quand les eaux sont piquées, troublées pas la terre arrachée par les pluies abondantes. Il est très tendre, donc pêcher très loin ou lancer très fort ne sont pas des options viables. Je monte souvent un bon gros morceau de 2.5x2.5x4cm sur un cheveu en tresse gainée (qui est plus épaisse, donc coupe moins). Je le bloque avec un tronçon d'herbe bien épais. La taille de la bouchée peut vous sembler très grosse, mais plus les eaux sont troubles, plus l'esche doit être visible. De plus, vu la tendreté du luncheonmeat, un barbeau n'a aucune difficulté à l'avaler. Veillez tout de même à couper les arrêtes du cube de pâté et mélangez les petits morceaux avec votre amorce.
    Si, si, ça se mange :)
    Un cube pas trop cubique et pas trop régulier prêt à être enfilé sur le cheveu (ici en latex)

  • La saucisse Bifi piquante ou non : coupée en tronçon de 15mm et montée sur un cheveu, elle est plus qu'un simple sauve bredouille.
  • Le maïs : qui dit eaux troubles, dit appâts voyants et 2 ou 3 grains dorés sont parfaits dans ce cas. Un panaché pellet-maïs est une des bouchées les plus irrésistibles qui soient. Le maïs artificiel flottant, comme les grains ESP ou Interprise Tackle, est une excellente idée pour "balancer" l'esche et m'a rapporté énormément de poissons !
    De faux grains trempant dans la betaline
  • Les bouillettes : la pêche du barbeau s'apparente à un mélange entre les techniques du feeder et de la carpe. De cette dernière nous proviennent les bouillettes. Choisissez-les goût crabe, poisson ou écrevisse et en diamètre 14 à 20mm, ce sont souvent les plus efficaces.

Trempage des esches

Le liquide de trempage, alias le dip ou le soak est une technique d’amélioration des esches bien connue des carpistes. Elle consiste à tremper le pellet, la bouillette ou les graines dans un liquide boosté en goût et en odeur. Celui-ci n’agit pas comme de l’eau qui désagrège l’esche peu à peu, mais trempe la particule et la gorge de saveurs. Quand les eaux sont froides, c’est réellement un must, tant la différence entre l’esche avec ou sans trempage peut être importante. Je vous conseille d’utiliser des liquides correspondants au goût de l’esche (Ex : liquide halibut avec pellet halibut) et aussi d’oser le piment et l’aïl.
Percez d’abord vos pellets avant de les tremper, cela vous évitera de vous couvrir de soak par après. De plus, le pellet ramollit légèrement dans l’opération et il peut devenir un peu plus fragile. De même, ne trempez pas vos pellets 2 semaines à l’avance, vous ne pourrez probablement plus pêcher avec. Tremper son esche juste avant de lancer est une tactique également payante.
Vous pouvez aussi utiliser les soaks comme boosters de pellets d’amorçage en les brassant avec un peu de produit. Cela en améliorera l’attractivité, sans pour autant détourner les poissons de vos esches.
La règle est d’utiliser de petits pellets pour l’amorçage : le poisson devra beaucoup «gratter» le fond pour les avaler et ne risquera pas de se gaver, tandis que vous mettrez les plus gros à l’hameçon. Il m’arrive de mettre 3 pellets de 12mm sur un cheveu en pleine saison, mais parfois, 1 pellet de 8mm est suffisant. A voir et à tester !
Voici le lien vers d'excellents soaks du Boilieman - testés et approuvés ! 
 

L'amorce

L'amorce à barbeau s'apparente à une amorce à carpe (style method feeder), mais avec une proportion plus importante de chanvre et de pellets halibut moulus. Sa mouture est moyenne. N'hésitez surtout pas à y adjoindre des pellets de 2 à 4mm, ainsi que du chanvre cuit en grains, grâce à l'eau de cuisson duquel vous pourrez mouiller vos farines. Le mélange se doit d'être très collant pour durer au moins 10 minutes dans le feeder. En effet, la cadence d'amorçage est plus faible en hiver qu'en été et il est essentiel, vu le courant fort, que cette amorce ne se disperse pas trop vite. N'hésitez donc pas à la mouiller comme si vous alliez en faire des boulettes (donc plus qu'en temps normal au feeder). Serrez également bien le mélange dans l'amorçoir. Un peu de maïs est toujours un plus, mais il ne faut pas exagérer, car c'est l'hiver et il faut attirer et exciter le poisson, pas le gaver !
Il est important que votre amorce dégage pas mal de trainées huileuses et je vous conseille l'ajout d'un peu d'huile de chanvre pimentée. N'en ajoutez pas trop, car elle a pour effet de diminuer le pouvoir collant de l'amorce. Les additifs fromage - ail - pellets halibut - crabe sont aussi utiles pour booster les saveurs. Si vous les utilisez, n'oubliez pas de tremper également vos esches avec eux !
N'hésitez pas à redémarrer un coup avec quelques pellets plus gros dans le feeder


Du chanvre fraîchement cuit et l'amorce finie, avec des pellets et des grains




Pêcher en hiver, oui, mais quelles tactiques utiliser ?

La patience sera certainement votre plus grand allié. En effet, hormis durant quelques jours fastes, l'hiver ralentit l'activité des poissons. Les sessions longues (6-8h de durée) seront donc préférables à des attaques courtes (2-4h). 
Souvent, quand le poisson est sur le coup, la première touche vient rapidement, puis l'attente pour la seconde touche peut durer un certain temps, voire un temps certain ! Il m'est déjà arrivé d'attendre presque 4 heures avant d'avoir de nouveau un poisson au bout de ma ligne, puis d'en enchainer 2 ou 3 en 60 minutes. L'hiver demande une grande concentration pour ne pas manquer LA touche. Il faut également rester attentif à l'eau et ce qu'elle peut nous dire : des mouvements de poissons, des variations de débit, des remous, etc. L'hiver, c'est ça !
Le piège d'une pêche d'attente est de se transformer en pêche passive et cela n'apporte jamais rien de bon. Gardez le rythme
  • Relancez toutes les 15-30 minutes
  • Changez régulièrement vos esches, faites des essais, rechargez-les en arômes en les trempant dans un soak bien odorant pendant que vous remplissez le feeder, ...
  • Essayez des poids de feeder ou de plombs différents pour déclencher une touche
  • Allongez votre bas de ligne ... ou raccourcissez-le
  • Lancez un peu de chanvre et quelques pellets à la main ou à la fronde toutes les 30-45min ou après chaque poisson
Cette activité vous permettra aussi de supporter le froid. A ce propos, n'oubliez pas de bien vous protéger, car il est impossible de se concentrer correctement avec les pieds gelés. Un parapluie ou, mieux, un brollie coupera le vent froid et la pluie.
Mon brollie GREYS Prodigy

Confortablement installé !
Les carpistes nous ont apporté énormément vu leur habitude de pêcher par n'importe quel temps. Sachons nous en inspirer, sans tomber dans le piège de prendre une voiture pleine de matériel avec soi. 
Revenons à nos moutons, je vous parlais de tactique. La mienne est simple : 
  1. J'arrive sur la portion de rivière, j'analyse la place, je détermine le ou les coups, puis je les amorce légèrement avec du chanvre et des pellets. Pas question de jeter un seau de 10L d'esches, c'est l'hiver. Maximum 1/3L de chanvre et 3 ou 4 poignées de pellets de 6mm et c'est déjà beaucoup. Sachez attirer le poisson sans le gaver. Le chanvre est sur ce point un excellent amorçage de base, et ce toute l'année : petit et dense, il coule bien et se cale dans les cailloux du fond; juteux et goûtu, il gardera actifs les barbeaux sans les bourrer.
  2. L'étape suivante est de préparer son matériel et de mouiller son amorce, mais en gardant ses distances avec le bord de l'eau, histoire de ne pas faire du bruit quand les barbeaux prennent (peut-être) leurs aises. Moi aussi, j'ai horreur d'être dérangé quand je commence à manger.
  3. Installer vos piques et votre poste discrètement 
  4. Prenez position et ... pêchez !
  5. N'oubliez pas le rythme dont j'ai parlé ci-dessus
Vous voyez, ce n'est pas compliqué, mais pas simple non plus ! Tout n'est que choix : un peu plus d'amorce, temporiser, changer de distance, ... soit s'adapter au poisson et pas le contraire. Le sens de l'eau qu'on appelle ça !


Une autre tactique est le stalking, pêche itinérante très souvent payante. Le but est de repérer quelques postes ayant du potentiel, puis de les amorcer légèrement. Dès que l'amorçage est terminé, on pêche le premier poste où l'on a lancé des esches. On n'y reste pas plus d'1 heure, puis on passe au poste n°2. Avant de quitter, il faut réamorcer légèrement pour un passage ultérieur. Et ainsi de suite. Je vous conseille de pratiquer d'aval vers l'amont. Voyagez léger ! 1 canne, 2 piques, une épuisette et un sac assez profond pour tenir vos esches, votre amorce et l'essentiel de votre matériel, y compris le tapis de réception et de quoi peser un beau poisson, sont bien suffisants.
 

Conseils utiles pour remettre son barbeau à l'eau bien en vie

S'il y a bien un truc qui me chagrine, pour ne pas dire qui m'énerve, c'est la soi-disant sportivité de la ligne trop fine. C'est vraiment du pipeau et cela ne sert qu'à se faire mousser auprès des autres. Ridicule. Il est question de devenir adulte et de faire du vrai bon no-kill. Donc, pêchez aussi fin que possible et aussi gros que nécessaire ! Mais ce n'est pas tout. En effet, le barbeau est un seigneur de nos eaux qui ne se rend qu'après s'être battu jusqu'à l'épuisement de ses forces. Il faut donc le laisser respirer. Voici LA marche à suivre, conseillée par la Barbel Society : Le Handling code (code de manipulation) 
  1. Quand vous venez de mettre votre poisson dans l'épuisette (large et profonde), laissez-le au moins 30 secondes dans l'eau sans le décrocher. Cela lui permettra de reprendre des forces avant d'être sorti de l'eau
  2. Limitez les manipulations au minimum
  3. Utilisez toujours un tapis de réception humide
  4. Reposez le poisson dans l'eau avant la photo et le pesage
  5. Quand vous relâchez votre barbeau, veillez à ce qu'il reparte uniquement après avoir complètement repris ses esprits. A cet effet, n'hésitez pas à maintenir manuellement le poisson bien droit dans le courant. Ce n'est que quand il va montrer des signes de force retrouvée que vous le laisserez repartir. Plus l'eau est chaude, plus cette étape est importante et longue !
Le film est en Anglais but who cares ? Il est clair, magnifique et bien réalisé :


Alors, j'espère que ça vous a émoustillé ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas, y compris sur Facebook, je suis sur les groupes "Barbel of France", "Fédération Royale des Pêcheurs de la Basse-Meuse liégeoise" et d'autres. Pour 2015, j'organiserai des sorties barbeaux pour ceux qui veulent apprendre depuis le début ou se perfectionner. A bientôt sur les bords de nos belles rivières !

Pour terminer, regardez ces 2 vidéos en GRAND et en HD pour bien vous rendre compte de la violence de la touche du barbeau :